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Faut-il investir dans la logistique ?

Yves Weber Par Yves Weber
10 min de lecture
Faut-il investir dans la logistique ?

EN BREF

  • Le marché de l’immobilier logistique est en pleine recomposition avec un stock record d’entrepôts vacants malgré des investissements croissants.
  • La location, avec sa souplesse et sa flexibilité, permet aux entreprises de s’adapter rapidement aux évolutions de leurs besoins tout en préservant leur capacité d’endettement.
  • Le sale-and-leaseback libère du capital pour les entreprises tout en assurant la continuité de leur exploitation à travers la vente de leur propriété et la location subséquente.
  • Investir dans l’achat d’un entrepôt offre des avantages patrimoniaux à long terme, en consolidant le bilan et en répondant aux exigences spécifiques de l’entreprise.

Dans un contexte économique incertain, le secteur de la logistique attire de plus en plus l’attention des investisseurs, malgré un marché en difficulté. En effet, alors que les transactions diminuent et que le stock d’entrepôts vacants atteint des niveaux records, les fonds affluent, pariant sur une perspective à long terme de hausse des loyers. L’intérêt stratégique pour ce domaine réside dans le fait que la logistique est essentielle au fonctionnement global de l’économie, particulièrement dans un monde de plus en plus dominé par le commerce en ligne. Cependant, la question cruciale reste : Faut-il investir dans la logistique ? L’achat d’entrepôts logistiques représente une stratégie patrimoniale alléchante pour de nombreuses entreprises cherchant à consolider leur bilan et à sécuriser leur activité sur le long terme. À l’inverse, la location offre une flexibilité inégalée permettant aux entreprises de s’adapter aux fluctuations du marché sans l’engagement financier substantiel que représente l’achat immobilier. Entre patrimoine durable et agilité stratégique, le choix d’investir dans la logistique demeure complexe et mérite une réflexion profonde sur les priorités de chaque entreprise.

Les défis du marché immobilier logistique en France

Le marché de l’immobilier logistique est en pleine mutation. Si les investisseurs continuent d’affluer, c’est en grande partie dû à leurs anticipations d’une hausse des loyers. Cependant, la réalité présente un cadre nettement plus complexe. Les transactions dans le secteur ont diminué depuis 2022 et le stock d’entrepôts vacants bat des records. Selon les expertises d’Arthur Rodriguez, directeur du département logistique chez BNP Paribas Real Estate Transaction, près de 5 millions de mètres carrés d’entrepôts restent vacants. Cette situation expose les investisseurs et les entreprises à des risques accrûs, particulièrement dans les régions où les taux de vacance atteignent des sommets.

La disparité entre les régions est significative. Alors que certaines localités, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, font face à une pénurie d’entrepôts, d’autres voient leurs surfaces vacantes s’accumuler. Ce contraste s’observe également dans des villes comme Nantes, Bordeaux, Rennes et Toulouse, qui enregistrent de faibles taux de vacance. Cette hétérogénéité accroît la difficulté pour les entreprises d’établir une stratégie immobilière efficace.

Cependant, la dynamique des investissements étrangers, représentant 81 % des volumes investis, et une augmentation de 100 % des investissements logistiques prévue pour 2024, selon Cushman & Wakefield, témoignent d’une certaine confiance pour l’avenir. Mais il reste essentiel d’examiner des facteurs comme la hausse des taux d’intérêt, qui a ralenti les opérations clés en main en 2023, avant d’adopter une stratégie précis. Pour une analyse plus détaillée, explorez les tendances du marché immobilier logistique.

Location ou achat : quelles priorités pour les entreprises ?

Dans l’industrie logistique, choisir entre location et achat d’actifs immobiliers repose autant sur les impératifs économiques que stratégiques. Pour les entreprises aux besoins évolutifs, la location offre une souplesse importante. Elle permet d’adapter facilement les espaces à l’évolution des activités, sans les immobiliser pour des remboursements de crédit fixes. Ce levier de flexibilité est crucial pour les chargeurs qui peuvent ajuster leurs coûts en cas de fluctuations des revenus.

La location offre également un avantage financier non négligeable. Selon Arthur Rodriguez, elle représente environ 15 % du coût total d’une supply chain, auquel s’ajoutent 5 % de charges. Cela permet aux entreprises de canaliser leurs ressources vers des investissements stratégiques tels que la croissance externe ou le développement des nouvelles technologies, au lieu de les immobiliser dans du patrimoine immobilier.

De l’autre côté, l’option d’achat intègre une logique de valorisation à long terme. Être propriétaire permet d’espérer une plus-value futur et de consolider le bilan à terme. Cela se traduit par la consolidation du haut de bilan et le renforcement des capacités de financement de l’entreprise. Pourtant, l’achat demande beaucoup plus que de simples liquidités ; il nécessite également des démarches administratives et des études qui peuvent durer des années pour assurer une localisation adéquate. Pour plus d’informations sur l’achat d’un entrepôt, découvrez les conseils sur comment acheter un entrepôt logistique.

L’option du sale-and-leaseback

Le sale-and-leaseback est devenu une stratégie prisée dans le secteur de l’immobilier logistique. Ce mécanisme permet aux entreprises de vendre leurs actifs immobiliers à des investisseurs tout en continuant à occuper les locaux comme locataires. Cet arrangement a bien des avantages. Il libère du capital qui peut être réinvesti dans des secteurs stratégiques ou utilisés pour réduire le levier d’endettement. Pour les investisseurs, ce type d’opération garantit des revenus locatifs stables, particulièrement lorsque l’entreprise locataire est solide et bien établie.

Matthieu Urruty, directeur général de Theoreim, souligne que cette pratique est souvent initiée par des fonds de private equity. En cédant l’immobilier appartenant aux entreprises acquises, ces fonds peuvent réorienter les ressources vers le développement de l’activité principale, la recherche et le développement, ou la croissance internationale. Le sale-and-leaseback, en quelque sorte, fusionne les avantages de la location et de la propriété.

Dans certain cas, l’entreprise peut même se réserver une option de rachat à prix fixe, renforçant ainsi sa flexibilité stratégique. Toutefois, cette démarche nécessite des plans financiers robustes et une compréhension approfondie des marchés immobiliers. Pour en savoir plus sur cette typologie, vous pouvez consulter une analyse détaillée sur le sale-and-leaseback.

Construire ou rénover : la question de l’emplacement

Face à la pénurie ou l’excédent d’entrepôts dans certaines régions, la question de construction ou de rénovation d’infrastructures logistiques est cruciale. Bâtir des entrepôts se heurte souvent à des problèmes tels que la disponibilité des terrains et les règlements locaux sur l’emploi du foncier. C’est pourquoi la construction sur des friches, c’est-à-dire des terres déjà exploitées, est de plus en plus courante en France. Diana Diziain d’Afilog confirme que cela représente plus de 50 % des opérations supérieures à 20 000 m² depuis 2010.

En parallèle, l’option de prendre de la hauteur devient de plus en plus pertinente. La construction d’entrepôts à étages commence à être explorée en France, bien qu’elle soit déjà établie en Asie ou aux États-Unis. Des exemples français comme l’entrepôt Macdonald à Paris montrent comment l’espace vertical peut être optimisé. Toutefois, ces structures rencontrent des contraintes réglementaires sévères, notamment des PLU qui limitent souvent la hauteur de ces constructions.

Toutefois, les immeubles multi-étages peuvent être une solution dans les zones urbaines denses, où le foncier est plutôt rare. La construction de tels immeubles a souvent un coût supérieur à des bâtiments plats conventionnels, mais les promoteurs misent sur la proximité avec les centres de consommation pour justifier des loyers plus élevés. Avec environ 767 000 m² attendus d’ici 2026 en Île-de-France, cette tendance n’est pas prête de s’arrêter. Explorez les stratégies liées au défi de l’artificialisation des sols et d’autres problématiques sur investir dans une logistique immobilière.

Les influences des taux d’intérêt sur les décisions immobilières

L’évolution des taux d’intérêt est un facteur déterminant dans l’immobilier logistique. En 2023, la hausse des taux a ralenti les projets de construction clé en main. Cependant, le début de 2024 a vu une légère recompression des taux, encouragée par une prime inférieure à 5 %, ravivant l’intérêt pour de telles transactions. Cette dynamique a notamment conduit à une chute des mises en chantier, divisées par trois cette année-là. Pourtant, une amélioration est attendue pour 2025 avec un retour progressif des investisseurs et une montée en puissance des projets.

Pour les entreprises planifiant leur stratégie immobilière, il est crucial de surveiller ces fluctuations des taux. Les décisions d’achat ou de location ne sont pas simplement des options financières ; elles impliquent également une analyse poussée des conditions de financement disponibles. Ainsi, en période de taux d’emprunt avantageux, des opérations en compte propre ou clés en main peuvent devenir plus attractives. Avec 42 % du parc logistique français détenu par des exploitants, il est clair que l’achat reste une stratégie populaire, même dans un contexte de financement restreint.

De surcroît, l’achat d’entrepôts ne fournit pas seulement un levier financier à long terme. Il offre également une opportunité de construire des espaces personnalisés, intégrant des technologies spécifiques et répondant à des normes ESG élevées. Le confort des employés et l’efficience énergétique deviennent des considérations prioritaires dans les nouvelles constructions. Pour en savoir plus sur la manière de naviguer à travers les complexités du marché logistique, découvrez comment acheter un entrepôt.

Vidéo : Quelle est la différence entre la logistique et le transport

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Conclusion : Investir dans la logistique, un pari sur l’avenir

La question d’investir dans le secteur de la logistique attire toujours plus l’attention des investisseurs, malgré les défis actuels. En effet, le marché connaît des fluctuations, notamment en raison de l’augmentation des entrepôts vacants et d’un ralentissement des transactions. Cependant, ces obstacles ne freinissent pas l’appétit des investisseurs, attirés par la possibilité d’une hausse des loyers à long terme.

Investir dans l’immobilier logistique présente plusieurs avantages, mais aussi des risques. D’une part, la tendance à la flexibilité et à l’agilité, offerte par la location, attire les entreprises qui souhaitent s’adapter rapidement aux évolutions du marché. Les solutions telles que le sale-and-leaseback, permettent également de libérer des capitaux, tout en évitant de s’engager sur le long terme. D’autre part, la propriété offre la possibilité de consolider son patrimoine et de renforcer ses capacités de financement. Cette approche est notamment prisée par des entreprises ayant une vision à long terme.

Le marché est actuellement en pleine recomposition avec une cohabitation entre l’option d’achat, qui permet la valorisation patrimoniale, et celle de la location favorisant agilité et réactivité. Les évolutions récentes, y compris la baisse progressive des taux d’intérêt, renforcent cet engouement pour les projets logistiques. Ces conditions incitent à revoir constamment les stratégies immobilières afin d’anticiper les besoins futurs et s’adapter aux contraintes, tout en demeurant compétitif.

Finalement, investir dans la logistique dépend des objectifs stratégiques de chaque entreprise. L’arbitrage entre achat et location doit se faire en tenant compte de divers facteurs, tels que la disponibilité de la trésorerie, la nécessité de flexibilité, et les perspectives de développement. Quoi qu’il en soit, le secteur reste prometteur, avec des opportunités multiples à saisir selon le contexte économique et les ambitions de croissance.

FAQ : Investir dans l’immobilier logistique

Q : Pourquoi le marché de l’immobilier logistique connaît-il actuellement des difficultés ?
R : Le marché logistique est en difficulté en raison d’une baisse du nombre de transactions depuis 2022 et d’une augmentation du stock d’entrepôts vacants, qui atteint un niveau record de 5 millions de mètres carrés.

Q : Malgré ce contexte, pourquoi les investisseurs continuent-ils d’affluer dans le secteur ?
R : Les investisseurs affluent en pariant sur une hausse des loyers à long terme. Par exemple, 1,3 milliard d’euros ont été investis dans la logistique française au premier semestre 2024, représentant une hausse de 85% par rapport à la même période en 2023.

Q : Quels sont les avantages de louer pour les entreprises logistiques ?
R : La location offre une grande flexibilité pour s’adapter aux besoins évolutifs en termes de surface et de localisation, tout en préservant les capacités d’endettement. Les entreprises peuvent ainsi mieux maîtriser leurs charges et conserver une meilleure visibilité financière.

Q : Quand l’achat devient-il une option stratégique pour les entreprises ?
R : L’achat est stratégique pour capitaliser et espérer une plus-value à long terme. Cela permet de consolider le haut de bilan et d’ancrer l’activité dans le long terme, en particulier pour les PME et PMI qui souhaitent détenir leurs actifs immobiliers.

Q : Qu’est-ce que le sale-and-leaseback et pourquoi est-il prisé ?
R : Le sale-and-leaseback est une transaction où une entreprise vend son entrepôt à un investisseur tout en continuant à l’occuper comme locataire. Cela permet de libérer du capital pour d’autres investissements tout en garantissant des revenus locatifs stables pour l’investisseur.

Q : Comment les entreprises doivent-elles choisir entre louer et acheter ?
R : Le choix dépend de plusieurs facteurs : disponibilité de trésorerie, besoins en investissements futurs, nécessité de flexibilité pour l’activité, et ambitions de croissance. Chaque entreprise doit peser entre flexibilité à court terme et valorisation à long terme.

Q : Quelles solutions sont envisagées pour limiter l’artificialisation des sols en logistique ?
R : Deux solutions principales sont envisagées : reconstruire sur des friches industrielles existantes et encourager la construction de bâtiments à étages, optimisant ainsi l’espace utilisé.

Q : Comment le marché des opérations « en compte propre » et « clé en main » se porte-t-il ?
R : Ces opérations représentent plus de 40% du take-up global, stimulées par la recherche de performance, des exigences ESG croissantes, et le besoin d’immobilier à haut niveau de personnalisation pour répondre aux spécificités logistiques.