Les ETF restent trois à quatre fois moins chers que les fonds actions en moyenne
Les coûts moyens reculent dans plusieurs familles de fonds, avec des écarts encore marqués entre gestion active et ETF. L’intermédiaire financier peut toutefois ajouter ses propres commissions.
La baisse des frais améliore la part du rendement qui revient à l’épargnant, mais elle ne rend pas tous les fonds équivalents. Les frais de gestion annuels moyens des organismes de placement collectif français ouverts au public ont atteint 1,06 % en 2025, hors commissions de surperformance, après 1,16 % en 2024 et 1,18 % en 2023. Pour choisir un placement, il faut encore comparer la catégorie du fonds, ses coûts propres et les commissions prélevées par l’intermédiaire.
Une baisse mesurée sur plus de 6 000 fonds
Les données de l’Autorité des marchés financiers rapportées par Boursorama portent sur 6 010 fonds, ce qui représente plus de 90 % des OPC français. Le recul de 0,10 point entre 2024 et 2025 prolonge donc un mouvement déjà observable l’année précédente sur un périmètre étendu.
Cette moyenne doit néanmoins être lue avec précision. Elle concerne les OPC français accessibles au public et ne comprend pas les commissions de surperformance. Elle ne démontre pas une diminution uniforme du coût de tous les placements financiers. Elle ne renseigne pas non plus, à elle seule, sur la performance nette d’un fonds ou sur son niveau de risque.
Le recul est plus net sur une période longue. Pour les fonds d’actions françaises, les frais sont passés de 2,3 % en 2010 à 1,3 % en 2025, soit une diminution d’environ 43 % en quinze ans. Cette trajectoire réduit le prélèvement annuel, mais le niveau atteint reste sensiblement supérieur à celui observé sur les ETF.
Des écarts persistants selon la catégorie de fonds
La moyenne générale masque des niveaux et des évolutions différents. Les fonds diversifiés ont enregistré la baisse annuelle la plus prononcée parmi les trois catégories comparées, tandis que les ETF conservent le niveau moyen le plus faible. Ces derniers sont des fonds cotés qui suivent un indice. Leur fonctionnement peut être approfondi dans notre présentation des fonds indiciels et de leurs modalités d’investissement.
| Catégorie | Frais moyens en 2024 | Frais moyens en 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Fonds actions | 1,37 % | 1,32 % | moins 0,05 point |
| Fonds diversifiés | 1,43 % | 1,28 % | moins 0,15 point |
| ETF | 0,36 % | 0,33 % | moins 0,03 point |
Selon les chiffres relayés par Le Monde, l’écart moyen entre un fonds actions et un ETF atteignait ainsi 0,99 point en 2025. Ce constat tarifaire ne suffit toutefois pas à départager deux produits. Leur objectif, l’indice ou la stratégie suivie, l’exposition géographique, le risque, la liquidité et l’enveloppe de détention peuvent différer.

La comparaison doit par ailleurs s’effectuer entre des supports répondant au même besoin patrimonial. Un coût inférieur ne compense pas une exposition inadaptée, pas plus qu’une gestion plus chère ne garantit une meilleure performance.
Le coût du fonds n’est qu’une partie de la facture
Les frais courants du produit sont prélevés dans le temps. D’autres coûts peuvent intervenir au moment d’investir, de vendre ou de conserver les titres. Avant une souscription ou un ordre de Bourse, l’épargnant doit donc distinguer plusieurs étages de tarification :
- les frais propres au fonds, qui comprennent les frais de gestion annuels et, le cas échéant, une commission de surperformance ou des droits d’entrée ;
- la commission de souscription facturée par la banque, qui s’élevait en moyenne à 0,58 % pour l’achat de 5 000 euros de fonds non gérés par une filiale de l’établissement, sans compter d’éventuels droits d’entrée du produit ;
- les frais de courtage appliqués à un ordre boursier, distincts des frais internes d’un ETF ou de tout autre titre acheté ;
- les autres frais du compte, lorsqu’ils sont prévus par la tarification de l’intermédiaire.
Pour un ordre de 1 000 euros passé sur un compte-titres, les banques de réseau facturaient en moyenne 0,65 % en 2026, contre 0,67 % en 2025. Cela représente respectivement 6,50 euros et 6,70 euros par opération. Le faible écart annuel ne doit pas faire confondre ce coût ponctuel avec le pourcentage prélevé chaque année au sein d’un fonds.
La fréquence des opérations compte également. Une commission modeste, répétée à chaque achat ou vente, peut prendre davantage de poids dans la gestion d’un portefeuille. À l’inverse, les frais annuels d’un fonds se cumulent pendant toute sa durée de détention. Une comparaison utile porte donc sur un montant et un horizon identiques, en intégrant les frais du produit et ceux de l’établissement.
L’effet cumulé apparaît sur la valeur finale
Une simulation de l’AMF relayée par Le Figaro permet de mesurer cet effet. Elle retient un investissement initial de 1 000 euros dans un fonds pendant cinq ans, avec une progression de la part de 5 % par an. Sans frais, sa valeur finale atteint 1 276 euros. Après prise en compte des frais dans l’exemple, elle n’est plus que de 1 090 euros.
L’écart s’élève à 186 euros sur une mise de 1 000 euros. Il ne correspond pas seulement à une addition de prélèvements visibles. Les sommes retirées au titre des frais ne participent plus à la capitalisation des gains des années suivantes. Plus la détention se prolonge, plus cet effet composé peut peser sur la valeur finale.
Cette simulation n’annonce pas le résultat futur d’un fonds. Elle repose sur une hausse régulière hypothétique et illustre uniquement l’incidence des coûts. Pour arbitrer entre deux placements, le bon repère est donc le rendement potentiel après l’ensemble des frais applicables, examiné avec la stratégie, le risque et la durée envisagée.
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